Ce n'est pas le moindre des chantiers auxquels Nicolas Sarkozy est confronté en cette rentrée. Même si le remaniement ne doit intervenir qu'à l'automne après l'adoption par le Parlement de la réforme des retraites, le président y réfléchit déjà depuis quelques mois. Il ne s'en cache pas au point que de nombreux ministres se sentent en sursis. D'autant que Sarkozy entend resserrer son équipe. Il n'a pas encore tranché le sort du Premier ministre avec lequel il s'est entretenu en tête à tête à Brégançon.
Au Cap Nègre, durant ses vacances, le chef de l'État avait reçu Jean-Louis Borloo qui fait figure de prétendant à Matignon. Mais c'est surtout Michèle Alliot-Marie qui semble tenir la corde pour remplacer éventuellement Fillon. Elle aurait le mérite de contrer Villepin sur le terrain du gaullisme et elle est très appréciée des militants de l'UMP. Sa nomination permettrait aussi à Sarkozy de surprendre en nommant une femme chef du gouvernement, la première depuis Édith Cresson. Mais Sarkozy hésite à se séparer de Fillon qui conserve une bonne image dans l'opinion, 54 % des Français ne souhaitant pas de changement de Premier ministre. De quoi renforcer la perplexité du président.
Le cas Wœrth suscite aussi des interrogations. Rempilera-t-il dans un nouveau gouvernement ? Tout dépendra de l'état dans lequel il ressortira de la bataille parlementaire sur les retraites. Enfin, Sarkozy pourrait faire rentrer un ou deux poids lourds de la droite comme Alain Juppé pour remplacer Bernard Kouchner au Quai d'Orsay. Ce remaniement devrait être complété par une réorganisation du cabinet présidentiel car Claude Guéant pourrait entrer au gouvernement, et Raymond Soubie, le conseiller social, a annoncé son intention de quitter l'Élysée après la réforme des retraites. Enfin, des changements devraient intervenir aussi à la direction de l'UMP. Bref, Sarkozy prépare la présidentielle, Attention DANGER .